La NBA est de retour, et NBA Extra aussi. La grande ligue a repris ses droits ce mardi 20 octobre à 21 heures, et la « team NBA Extra » s’apprête à couvrir une 14e saison sur les antennes de beIN SPORTS.
Lorsque beIN SPORTS lance sa toute première chaîne en France, le 1er juin 2012, l’objectif de la chaîne est de briser le monopole de Canal+ sur le marché de la télévision payante sportive en France. Le groupe mise d’abord sur le football avec l’acquisition de huit matchs de Ligue 1 en direct, la Ligue des champions et l’Euro 2012.
Ce n’est que quelques mois après le lancement de beIN SPORTS que la chaîne se penche sur le basketball. Elle s’offre la NBA en exclusivité pour la saison 2012-2013. C’est alors que Rémi Reverchon et Xavier Vaution ont une idée :
« La création de NBA Extra est une idée commune de Xav’ et moi. On bossait ensemble sur Canal avant la création de beIN. Xavier Vaution venait souvent à Los Angeles faire ses reportages et moi, j’étais son cadreur à l’époque, et on regardait souvent NBA TV. Il y avait une émission à l’époque qui s’appelait Game Time, qui nous plaisait énormément. C’était une quotidienne de résumés de matchs, d’analyses avec des consultants, des highlights, un top 10, ça allait très vite et on adorait ça. Et lorsqu’on prend les droits de la NBA, on décide avec Xav’ d’aller voir le patron dans son bureau, de prendre notre courage à deux mains et d’aller proposer une émission quotidienne. Ça n’avait jamais été fait en France. À l’époque, Canal faisait très bien les choses, mais il se limitait à une émission par semaine et ça suffisait à l’époque, ça marchait comme ça. Mais proposer une émission quotidienne, c’est risqué. Ça demande du personnel, des moyens. Aujourd’hui, ça paraît normal, mais je peux vous dire qu’il y a 14 ans, ça ne paraissait pas évident. On lui pitche le projet et deux jours après, il nous rappelle et nous dit : “C’est bon, on y va.” Tout part de là. » Rémi Reverchon, au micro du Roster.
NBA Extra prend l’antenne pour la première fois le 8 janvier 2013. D’abord diffusée à 18 heures pendant 30 minutes, l’émission, animée par Xavier Vaution, Rémi Reverchon et Jacques Monclar, traite de l’actualité de la nuit. Derrière ce rendez-vous quotidien se pose rapidement la question de l’organisation. Comment préparer une émission en direct chaque jour avec une équipe aussi réduite ? Dans son livre Bonjour, Bonsoir, Jacques Monclar revient sur les contraintes imposées par ce rythme :
« Eh ben, c’est simple : tu te lèves tôt […] et commences tout un boulot pour choper les infos de la nuit. La première saison de NBA Extra, l’émission était en fin de journée, vers 18 heures. Alors là, c’était un billard, parce qu’on avait le temps. Mais quand on a décalé à 12 h 45, on a même précédé les Ricains. On est, à cette heure-là, en train de faire l’analyse quand eux sont en train de donner le résultat. Ça oblige à travailler pas mal. »
NBA Extra : une émission devenue culte

Au fil du temps, l’équipe s’étoffe et accueille de nouveaux consultants comme Chris Singleton, Mary Patrux, Éric Micoud ou même Fred Weis. Depuis sa première diffusion, NBA Extra a accompagné plusieurs générations de passionnés de basket américain. Et l’équipe s’est développée bien au-delà des consultants et des journalistes qui se succèdent à l’écran. En coulisses, plusieurs chefs d’édition participent à la préparation de l’émission. En amont, ils sélectionnent les rencontres sur lesquelles les consultants vont s’attarder, puis construisent un plan pour répartir le temps consacré à chaque match et aux différents sujets abordés. Du Miami Heat de LeBron James aux New York Knicks de Jalen Brunson, en passant par les Warriors de Stephen Curry, l’émission a su traverser les époques et raconter les grandes histoires de la NBA moderne. Une longévité qui n’était pourtant pas acquise, comme le reconnaît Rémi Reverchon :
« La longévité à la télé, c’est très rare. Ni lui ni moi n’aurions cru que, 14 ans plus tard, on serait encore là, qu’on aurait grandi, en passant du lundi au vendredi au lundi au dimanche. C’est encore plus fou que ce qu’on imaginait au début. Le concept est ultra simple, mais il répond aux attentes du public. La NBA est un sport chiant à suivre, parce que c’est quotidien, parce que c’est la nuit. C’est bien beau de voir les dunks de la nuit et les feuilles de stats, mais ça manque d’analyse. Le public a aussi envie d’avoir son accompagnement et de pouvoir se poser pendant trois quarts d’heure et de tout savoir de la nuit en NBA. Je pense aussi que les gens se sont attachés aux figures de l’antenne, avec Mary, avec Xavier, avec Jacques Monclar et son personnage, qui est l’un des piliers de l’émission, et d’autres. On a vu passer beaucoup de consultants, Ian Mahinmi, Edwin Jackson, Boris Diaw, Evan Fournier. Je pense que les gens se sont attachés à nos blagues à l’antenne et à notre façon d’être. On a créé un truc assez familial où l’on est nous-mêmes à l’antenne, une bande de potes qui vivent ensemble. »
Désormais devenue une référence du paysage audiovisuel français, l’émission a contribué à populariser la culture NBA en France, en rendant plus accessible une culture réservée jusqu’alors à une poignée de passionnés :
« Est-ce qu’on a transmis la culture NBA en France ? Mais bien sûr que oui ! Quand je marche dans la rue, les gens m’interpellent, ils me parlent de l’émission, ils répètent les phrases cultes comme “Bang Bang Bang”. Forcément, on a aussi démocratisé la culture basket et on sent qu’aujourd’hui, le public est au rendez-vous et se retrouve dans ce qu’on propose », estime Chris Singleton au micro du Roster.
Mais la culture NBA ne se résume pas aux performances et aux statistiques. Elle est aussi faite de moments qui dépassent le cadre du parquet. Le 26 janvier 2020, la mort de Kobe Bryant dans un accident d’hélicoptère bouleverse le monde du basket, qui doit faire le deuil de l’une de ses plus grandes légendes. Ce jour-là, sur les antennes de beIN SPORTS, Xavier Vaution, Chris Singleton, Éric Micoud et Rémi Reverchon tentent de mettre des mots sur le drame.
« Cette soirée-là reste la soirée la plus marquante de ma carrière professionnelle. Ça fait 20 ans que je suis journaliste, mais ça reste la soirée la plus marquante parce que j’avais un lien avec lui. J’ai vécu trois ans à Los Angeles, j’ai interviewé plusieurs fois Kobe, j’ai appris à aimer le basket avec lui. Et découvrir ça à quinze minutes d’une émission qui devait être “good vibe”, 48 heures après le tout premier NBA Paris Game… et se manger ce truc-là dans la gueule… Je suis allé aux toilettes tout seul comme un con pour m’asperger le visage. Il y a cette prise d’antenne terrible où la régie fait son décompte ; c’est à moi de parler et, quand je veux expliquer, je me rends compte que je n’y arrive pas. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais, j’ai vraiment senti une vague d’amour. » Rémi Reverchon.
Et pour une quatorzième saison consécutive, les équipes de NBA Extra continueront d’accompagner des milliers de passionnés de basket. Cet exercice 2026-2027 s’annonce particulièrement ouvert. Entre les nombreux mouvements de l’intersaison et les franchises déjà compétitives, difficile de dégager un favori incontestable. Au micro du Roster, Chris Singleton s’est prêté au jeu des pronostics en livrant ses tops et ses flops pour l’exercice 2026-2027.
« Philadelphie sera une équipe à suivre, forcément, avec l’arrivée de LeBron James et Jalen Brown. Ça en fait tout de suite des contenders. Si Embiid peut jouer, ça en fait une équipe très forte sur le papier. La rivalité OKC-Spurs, de l’autre côté. Victor (Wembanyama) doit valider la saison qu’il a faite l’année dernière, donc maintenant, il faut qu’ils soient champions. Pour les flops, je pense que Denver y va tout droit. Ils en attendent beaucoup de Jokic, mais je ne sens pas cette équipe. On en attend tellement de cette équipe, mais je pense qu’ils finiront 8e ou 9e. »





