Jaylen Hoard avec le maillot du Maccabi

Jaylen Hoard, le talent trouve toujours un chemin

Depuis son départ de la NBA, Jaylen Hoard explose. Le Français s’est imposé comme un pilier de l’équipe de France, de son club, le Maccabi, où il a prolongé jusqu’en 2029 et même comme l’un des meilleurs joueurs d’EuroLeague à son poste. Une ascension sur laquelle il s’est exprimé.

Trouver sa vocation, ce n’est pas chose aisée pour tout le monde. Nombreux sont les jeunes gens qui, chaque année, se retrouvent sans idée à une question pourtant simple en apparence : « Que voulez-vous faire plus tard ? » Pour d’autres en revanche, cela tombe sous le sens. C’est le cas de Jaylen Hoard, fils d’Antwon Hoard, ancien joueur professionnel passé par Besançon ou Boulazac, et de Katia Foucade, ancienne internationale tricolore et médaillée d’argent à l’Euro 1993 avec les Bleues. De quoi poser les bases.

Doté en plus des mensurations nécessaires (2,04 m), le petit Jaylen n’a pas eu à hésiter bien longtemps. « Depuis que je suis petit, le basket a toujours été à mes côtés. J’ai des photos de moi quand j’étais bébé avec un ballon dans les mains. Mes parents ne m’ont jamais forcé à faire du basket, c’est vraiment quelque chose qui m’a plu. C’est une décision personnelle. Je joue depuis que je suis petit et j’aime ce sport. »

Le basket comme une évidence

Et pour cela, il a justement pu compter sur ses géniteurs, bien renseignés sur le sujet. « Quand mon père m’a demandé si je voulais prendre le basket au sérieux, j’ai dit oui et il a commencé à m’entraîner individuellement, quand j’avais du temps libre, dehors, dans le jardin… Mes parents m’ont toujours donné de bons conseils pour prendre des bonnes décisions dans ma carrière. Même en termes de soutien, ils ont toujours été là pour moi. Ils savent que mes choix de carrière me sont propres, mais ils sont toujours là à me soutenir. C’est ça le plus important. »

Rapidement, une chose ne fait aucun doute, Jaylen Hoard est doué, et cela lui ouvre les portes de l’INSEP. L’occasion pour lui de parfaire ses gammes, avant un été 2016 qui va le révéler aux yeux du monde entier. En effet, le natif du Havre est sélectionné avec les Bleuets pour participer à la Coupe du Monde U17, sa première expérience avec le maillot de l’équipe de France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne l’a pas effrayé.

Jaylen Hoard montant au lay-up face à la Corée au Mondial U17
Jaylen Hoard s’est révélé au Mondial U17 © FIBA

Aux côtés de joueur comme Yves Pons, Ivan Février ou encore Olivier Sarr, l’identité du leader de cette équipe ne fait aucun doute. Il s’agit d’Hoard. Le Français rayonne, tourne à 22 points de moyenne, et en inscrit même 41 dans une défaite en phase de poules contre la Corée. Des performances qui, malgré l’élimination des Bleuets, lui permettent de se faire remarquer. Sous conseil de son père, il rallie les États-Unis, d’abord pour y effectuer ses années lycée, puis un passage à l’université.

Pour cela, il choisit Wake Forrest, qui a vu passer un ailier fort bien connu, un certain Tim Duncan. À l’inverse de la légende absolue des Spurs, Jaylen Hoard n’y passe qu’un an avant de tenter sa chance à la Draft. Et lui n’y connaît pas le même destin. Non drafté, il obtient tout de même un contrat du côté de Portland, puis d’Oklahoma City, où malgré une courte période dorée, avec des performances à plus de 20 points et 20 rebonds, il n’est finalement que très peu utilisé.

Partir pour mieux rebondir

À l’issue de la saison 2021/22, sa belle fin d’exercice ne suffit pas à séduire les franchises NBA, et le Français se retrouve face à un dilemme. Il peut continuer à tenter de faire son trou dans la Grande Ligue, un choix risqué qui peut compromettre sa carrière, ou partir et tenter de se relancer. C’est la deuxième option qu’il choisit en rejoignant l’Hapoël Tel-Aviv. Après deux belles saisons, il rejoint l’ennemi, le Maccabi, engagé en EuroLeague.

Pour sa découverte de la plus prestigieuse des compétitions européennes, Jaylen Hoard a dû s’adapter. « Le style de jeu est différent explique-t-il. En Europe, c’est un peu plus collectif, il y a plus de systèmes. La saison est plus courte. Sur un match, tu peux monter de trois places comme descendre de six. L’EuroLeague, c’est très compétitif, les matches sont un peu plus intenses. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela se passe à merveille. Si le Maccabi galère, le Havrais, lui, brille de mille feux. Schéma qui se reproduit cette année, le club va mieux, mais manque les play-offs de justesse, tandis qu’Hoard, lui, figure pour la deuxième saison consécutive dans le top 15 de l’EuroLeague à l’évaluation. À la question « êtes-vous l’un des meilleurs fowards d’Europe ? », sa réponse est claire.

Franchement, oui. Même si je pense que j’ai encore beaucoup de choses à améliorer dans mon jeu. J’ai déjà joué dans deux situations différentes. L’année dernière, on était vraiment en bas de tableau, pas très compétitifs. Cette année, on a été beaucoup plus fort. Il y avait aussi le fait que les équipes me connaissaient, savaient à quoi s’attendre. Devoir m’adapter à tout ça, ça va encore plus m’aider pour la suite. »

Pourtant, du haut de ses 2,04 m, il accuse souvent un déficit de taille sur son vis-à-vis. Ce qui ne l’a pas empêché d’être meilleur rebondeur de l’EuroLeague en 2025/26 (7,1/match). « C’est le fait d’être actif, de mettre beaucoup d’énergie sur le parquet, analyse Jaylen Hoard. Je me trouve souvent plus rapide et athlétique que ceux qui jouent à mon poste en face, donc j’utilise ça à mon avantage. Le fait de pouvoir lire et anticiper les trajectoires m’a aussi beaucoup aidé. »

Jaylen Hoard dunkant le ballon
Plus de doutes possibles, Jaylen Hoard est bien l’un des meilleurs intérieurs d’Europe © Euroleague

En effet, le Français a aujourd’hui tout de l’intérieur moderne. D’autant plus depuis qu’il a développé un tir à longue distance, tirant à plus de 30% de réussite derrière l’arc lors des deux dernières saisons. Et ce, alors que cet élément était presque absent de sa palette lorsqu’il évoluait chez le club rival.

J’ai beaucoup travaillé ça pendant l’été. Au-delà de juste prendre les tirs, il y a l’aspect mental. Le fait d’avoir confiance, de pouvoir prendre la décision de tirer. C’est là-dessus que je dois encore progresser car en soi, le tir, je l’ai. »

Un cœur bleu-blanc-rouge

Né d’un père états-unien et d’une mère française, la question de son identité a toujours été claire dans l’esprit de l’ailier. Mais elle ne l’est pas autant sur le site de l’EuroLeague, qui le présente comme États-Unien. Quand le sujet est évoqué, Jaylen Hoard réagit directement. « C’est vrai que je suis américain, mais je suis né en France, je joue pour l’équipe de France, donc je ne comprends pas pourquoi ils mettent ça. »

Car oui, dès sa jeunesse, son choix est fait : il représentera l’équipe de France. D’abord lors des compétitions jeunes, puis à l’EuroBasket de l’été dernier, où il a joué un rôle plus essentiel que prévu compte tenu des nombreux forfaits. Mais si l’on peut aujourd’hui profiter de voir Jaylen Hoard sous le maillot tricolore, comme c’est le cas cet été, c’est aussi grâce à son héritage familial.

Depuis que je suis jeune, on parle tout le temps d’un jour jouer en équipe de France. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Le fait que ma mère jouait en équipe de France, c’est vraiment quelque chose qui m’a inspiré. J’ai toujours voulu jouer pour l’équipe de France. »

Jaylen Hoard tentant un shoot à l'EuroBasket 2025
Jaylen Hoard, l’une des satisfactions des Bleus à l’Euro 2025 © FIBA

Cependant, si une chose est sûre, c’est que s’y imposer ne sera pas chose aisée. D’autant plus dans le secteur intérieur très fourni, avec des joueurs comme Victor Wembanyama, Maxime Raynaud, Moussa Diabaté ou encore Joan Béringer au poste 5, et l’avènement d’ailiers forts prometteurs comme Noa Essengue, Noah Penda ou Nathan Soliman. Mais là aussi, pas de quoi décourager le joueur du Maccabi, habitué à devoir faire ses preuves.

La concurrence, ça peut rendre les choses plus compliquées, rien que sur le fait d’être sélectionné, mais je trouve que c’est bien pour moi. Et même pour tout le basket français. Ça montre qu’il faut vraiment assurer pour faire partie du groupe. Chaque année, on a un bon mix de joueurs d’EuroLeague et de NBA. Donc ça reste un grand objectif pour moi. C’est important de montrer que j’ai ma place dans cette sélection. »

L’interview de Jaylen Hoard est à retrouver en intégralité dans le numéro 9 de MaxiBasket !

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