Monaco renverse Nanterre (76-81) devant 17 000 personnes à la Défense Arena. Une affluence historique pour un match de Betclic Elite.
C’était le choc entre le leader du championnat et son dauphin. Monaco invaincu depuis 10 rencontres, Nanterre depuis 9. Tous les paramètres étaient réunis pour une grande bataille et dès le début de la rencontre, le match tient toutes ses promesses. Nanterre démarre fort et enflamme son public. Depuis le parking, Benjamin Sene creuse l’écart à 7 points à la fin du premier quart-temps.
De retour sur le parquet, la Roca Team affiche un tout autre visage. Plus agressifs, plus autoritaires dans la peinture, ils comblent leur retard, emmenés par le soldat Terry Tarpey. Le Français est au four et au moulin durant l’intégralité du deuxième quart-temps, avant d’être exclu du parquet après sa deuxième faute antisportive au bout de 15 minutes de jeu. L’expulsion du Monégasque ne freine pas la progression de la Roca Team qui prend 7 points d’avance à la pause (38-45). Au retour des vestiaires, les hommes de Vassilis Spanoulis déroulent et prennent jusqu’à 14 points d’avance, avant que le match prenne une tout autre tournure dans les 10 dernières minutes.
Nanterre revient, enchaîne les gros tirs et enflamme ses 17 000 supporters présents. À 5 minutes de la fin, Zakai Zeigler place même son équipe devant grâce à un shoot primé. 72-70. Les Franciliens prennent 4 points d’avance 30 secondes plus tard, avant de ne plus inscrire le moindre panier pendant 3 minutes. Cette disette offensive coûte cher, et Monaco s’impose finalement 76-81, porté par un money time XXL d’Elie Okobo.
Monaco en crise malgré la victoire

photo : Jean-François Ottonello
Employer le terme de crise pour une équipe qui vient d’enchaîner onze victoires consécutives peut sembler excessif. Pourtant, en coulisses, la situation de la Roca Team est loin d’être sereine.
Entre retards de salaires et difficultés financières liées au gel des avoirs du propriétaire Aleksej Fedoricsev, le club traverse une zone de fortes turbulences. Les joueurs n’auraient pas été rémunérés pendant plusieurs semaines, au point que l’idée d’un mouvement de grève aurait circulé en interne.
Sur la scène européenne, la dynamique est également plus fragile, avec une série de défaites en EuroLeague qui contraste avec la domination affichée en Betclic Elite.
Les autorités monégasques et le gouvernement princier se disent prêts à se mobiliser pour stabiliser le club sur le plan économique, mais les détails de cette opération restent encore flous.
Si ces tensions ne se traduisent pas encore pleinement dans les résultats nationaux, le climat semble plus lourd ces dernières semaines. Frustrations visibles, accrochages avec des supporters et nervosité inhabituelle témoignent d’un groupe sous pression. La victoire à Nanterre permet de maintenir le cap sportivement, mais elle ne suffit pas à dissiper les nuages qui planent au-dessus du Rocher.
Mike James : la rupture se confirme

photo : Julie Dumélié
Absent de la feuille de match à la Défense Arena, Mike James continue d’occuper l’actualité monégasque. Très actif sur le réseau social X, le meneur américain a publié plusieurs messages polémiques.
« De toute façon, je serai agent libre cet été. J’ai hâte d’être payé », a-t-il notamment écrit, en référence aux retards de salaires qui touchent le club. Un message clair qui semble marquer une rupture totale entre les deux parties. Dans un autre message, il a tenu à rappeler son rôle central dans l’ascension européenne de la Roca Team : « Si je n’étais jamais venu ici, ils seraient en EuroCup. J’ai redonné de l’importance à ce club. »
Interpellé par un supporter lui suggérant un retour au Panathinaïkos, James a également répondu par un énigmatique « Appelle DPG », en référence au propriétaire du club grec. Un message qui ressemble à un signal envoyé au marché européen. Sous contrat mais annoncé agent libre cet été, le meneur américain apparaît désormais plus que jamais disponible.
La tension ne se limite pas aux réseaux sociaux. Ce dimanche, à Nanterre, le meneur, en civil, s’est illustré par une altercation verbale musclée avec un spectateur, obligeant son entourage à intervenir pour calmer la situation. Un épisode révélateur d’un climat particulièrement électrique autour du joueur.
Entre frustrations publiques, accrochages en tribunes et mise à l’écart du groupe, le divorce entre Mike James et Monaco semble désormais acté. La fin de saison s’annonce mouvementée sur le Rocher.
Nanterre : la bonne surprise du championnat

photo : Nanterre 92
Après 20 journées, Nanterre est 2e avec un bilan de 15-5. Un bilan exceptionnel pour une équipe qui n’avait terminé qu’à la 13e position l’an passé.
Et ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Avec un Mathis Dossou-Yovo calibre MVP (18 points, 7 rebonds de moyenne), les Franciliens ont trouvé un équilibre des deux côtés du terrain. 5e attaque et 3e défense, les hommes de Julien Mahé impressionnent de jour en jour et légitiment cette 2e place à chaque rencontre :
La première partie de saison est au-delà de nos attentes. On voulait figurer parmi les bonnes équipes du championnat, on sait qu’il y a trois épouvantails, les équipes d’EuroLeague, c’est difficile de les challenger. Aujourd’hui, on les a plus que challengées donc, honnêtement, l’appétit vient en mangeant donc on va devoir revoir nos ambitions à la hausse parce qu’on veut continuer avec cette dynamique mais l’équilibre est fragile. On est encore en lice dans toutes les compétitions donc forcément on va devoir avoir de plus hautes ambitions » – Paul Lacombe au micro du Roster le 10 janvier à Dijon.
À ce stade de l’année, Nanterre semble en mesure de faire tomber n’importe quelle équipe du championnat. Alors, lorsque les playoffs arriveront, le 13e budget du championnat pourrait bien créer la surprise.






