Une nouvelle direction à pris la tête des Washington Wizards afin d’entamer le processus de reconstruction et, depuis, elle brille. En moins de trois ans, les dirigeants ont drastiquement changé le visage de la franchise, la gérant à merveille, et attirant des superstars comme Trae Young et Anthony Davis pour gagner.
A l’issue de la saison 2022-23, les Wizards ont fini 12e de la conférence Est, avec Wes Unseld Jr à la tête de l’équipe composée, entre autres, de Bradley Beal, Kristaps Porziņģis ou Deni Avdija. Surtout, la franchise a connu un changement important, avec un tout nouvel organigramme. Michael Winger devient le président et Will Dawkins le General Manager.
Point commun des deux hommes : ils sont tous les deux passés par le Thunder, sous les ordres de Sam Presti, le meilleur dirigeant de sa génération. Aussi, Travis Schlenk est devenu vice-président. En tant que patron des Hawks, il a permis à la franchise d’atteindre les finales de conférence en 2021. Avec ces nouveaux visages pour diriger Washington, l’heure était venue de construire quelque chose de nouveau et de compétitif. Sur le papier, cela semble en passe de réussir : en ce début d’année 2026, les Wizards ont accueilli coup sur coup Trae Young et Anthony Davis !
Fin de l’ère Bradley Beal
Afin de repartir sur de nouvelles bases, il fallait se séparer des éléments du passé, à commencer par Bradley Beal. Franchise player depuis quelques saisons, il mène une équipe vouée à errer dans le ventre mou. Malgré la signature d’un contrat à 250 millions de dollars sur 5 ans (!), incluant une no trade clause (!), les Wizards appuient sur le bouton rouge et parviennent à le transférer aux Suns. En échange, Chris Paul et son gros contrat (mais plus raisonnable) arrivent en ville. Seulement de manière temporaire car il est envoyé aux Warriors et Jordan Poole fait le chemin inverse. Le jeune joueur sort d’une saison difficile suite à l’incident avec Draymond Green, mais le talent est indéniable.
Le même été, Kristaps Porziņģis est bazardé, Kyle Kuzma est prolongé avec un contrat tout à fait raisonnable, tandis que le premier choix de Draft de cette nouvelle équipe se nomme Bilal Coulibaly ! L’heure est à la reconstruction du côté de Washington, c’est officiel. La saison 2023-24 se passe comme beaucoup l’attendaient pour les Wizards: seulement 15 victoires, 24 joueurs ont porté le maillot, un changement de coach pour donner les clés au rookie Brian Keefe et des transferts. Daniel Gafford est envoyé à Dallas et Danilo Gallinari file à Detroit. La Draft 2024 ne s’annonce pas exceptionnelle mais la franchise hérite du choix numéro 2 ; l’occasion parfaite de trouver un beau talent. Et les dirigeants feront le bon choix.
Alex Sarr, le coeur du projet Wizards
Avec trois choix à disposition, les Wizards arrivent en bonne position à la Draft 2024. Premier choix fort : Alex Sarr, le Français, présenté comme le meilleur prospect de cette cuvée, grâce à ses qualités défensives, mais aussi sa capacité à shooter de loin. Ensuite, le Front Office jette son dévolu sur Bub Carrington puis Kyshawn George. Afin de continuer à tirer un trait sur l’ère précédente, Deni Avdija, pourtant encore jeune et avec du talent, est envoyé à Portland. Jordan Poole et Kyle Kuzma sont (pour le moment) conservés, Jonas Valančiūnas arrive pour remplir le cap mais n’a pas vocation à rester, tandis que Malcolm Brogdon, transfuge des Blazers, jouera la saison à Washington.
Sans surprise, les Wizards ne sont pas au niveau sportivement : les jeunes découvrent encore le métier, et hormis Jordan Poole qui parvient à montrer des choses intéressantes à titre individuel, les vétérans ne sont pas bons, voire ne jouent pas beaucoup. Lors de la trade deadline 2025, les dirigeants continuent le ménage : Jonas Valanciunas part déjà en échange d’assets, direction Sacramento. Mais, surtout, Washington récupère le contrat de Khris Middleton (et des assets qui seront utiles) en échange de Kyle Kuzma, dont l’impact était plus que négatif ! Et puisque Memphis voulait faire des économies, Marcus Smart débarque pour la fin de saison.
Les Wizards ont beaucoup de cap à disposition, autant l’utiliser pour encaisser de gros contrats. Cela permet d’acquérir des tours de Draft ou de récupérer des jeunes joueurs pour faire des tests, au cas où une belle surprise parvient à éclore. La fin de saison se passe bien, l’équipe gagne autant de matchs après le All Star Game que lors des quatre mois précédents, ce qui laisse espérer de belles choses. Le seul point noir fut le manque de chance à la lottery et de tomber à la 6e place.
Saisir les opportunités

Cette déception passée, les dirigeants suivent leur plan : Tre Johnson est sélectionné avec ce choix, puis Jordan Poole, qui vient de réaliser une belle saison, est échangé. En contrepartie, CJ McCollum, dont le contrat à 30 millions la saison est expirant, arrive. Ainsi, au début de saison 2025-26, la franchise des Wizards dispose d’une masse salariale très faible, avec de nombreux joueurs disposant d’un contrat rookie. Cela permet d’encaisser de gros salaires et de signer des vétérans pour augmenter le niveau de l’effectif afin de passer un cap. C’est ce que le Front Office va faire… Mais en surprenant tout le monde.
Début janvier, Trae Young est mis sur le marché par les Hawks et Washington ne va pas hésiter : ils envoient le contrat expirant de McCollum, et celui de Corey Kispert pour le récupérer. Quadruple All Star, meilleur passeur de la ligue en 2025, créateur de génie pour élever le plancher d’une équipe… C’est le joueur parfait à l’instant T pour les Wizards. Et puisque les caisses sont pleines, il pourra avoir son gros contrat.
Puis, un mois plus tard, la seconde bombe : Anthony Davis rejoint les Wizards ! En plus de l’intérieur, Jaden Hardy et D’Angelo Russell arrivent, en échange de Khris Middleton (expirant), AJ Johnson et Marvin Bagley (au minimum) ainsi que des choix de Draft… sans grande valeur : les premiers tours sont ceux d’OKC en 2026 et des Warriors 2030, protégé 1-20.
Un modèle à suivre
Ces deux derniers mois des Wizards, et leur gestion depuis l’été 2023, ont été parfaits. Ils ont commencé par un grand nettoyage afin d’assainir les finances puis entamer un nouveau cycle, avant d’accueillir les premières pierres du nouveau projet. Les quelques assets présents dans l’effectif furent prolongés pour des montants raisonnables puis échangés contre des contrats bien moins intéressants, mais compensés par des petites sucreries pour faire passer la pilule (un tour de Draft ici ou là, un petit jeune qui n’a pas pu s’exprimer). Lors des Drafts, Washington ne s’est pas trompé jusqu’ici : les profils choisis sont cohérents et responsabilisés.
Dès que les opportunités de marché se sont présentées, la franchise les a saisies, avec l’espoir de passer des caps dès la saison prochaine. Des talents qui n’auraient jamais signé pour rejoindre cette équipe comme agent libre sont désormais présents. Peut-être surpayés, certes, mais sans remettre en cause la flexibilité de la franchise. Les jeunes les plus prometteurs sont conservés, sous contrat rookie, et un choix de Draft haut placé atterrira dans les mains des dirigeants lors de la lottery 2026. Un modèle de gestion pour toute équipe qui souhaiterait entamer un nouveau cycle.






