Depuis le début de la saison, la situation de T.J. Shorts au Panathinaïkos suscite de nombreuses interrogations. Recruté à l’été 2025, le meneur californien peine à trouver une place stable dans la hiérarchie athénienne. Entre temps de jeu douteux, critiques publiques et débat sur son utilisation.
À la sortie de sa saison 2024-25 avec le Paris Basketball, le choix du Panathinaïkos semblait logique. Double MVP de Betclic Élite, leader offensif d’un projet séduisant, T.J. Shorts s’était imposé comme l’un des joueurs les plus dominants d’Europe. Création permanente, capacité à dicter le tempo et à désorganiser les défenses, un profil attrayant.
Dans un effectif déjà riche, il devait apporter une option différente, complémentaire de Kostas Sloukas et Kendrick Nunn. L’idée n’était pas d’en faire le patron absolu, mais un facteur de déséquilibre capable de changer la physionomie d’un match. Une logique sportive claire, au moins dans l’intention.
La réalité du terrain

Très vite, un écart se creuse entre cette projection et la réalité. À Athènes, Shorts ne dispose plus du même volume de responsabilités. Son temps de jeu oscille autour de 17 minutes en EuroLeague (contre 27 minutes à Paris), avec une utilisation irrégulière d’un match à l’autre.
Certaines décisions interpellent. Cinq minutes jouées face à l’Olympiakos, aucune contre Baskonia malgré l’absence de Kendrick Nunn, pendant que Vassilis Toliopoulos profite pleinement de l’opportunité.
Cette gestion parcellaire complique aussi la lecture de ses performances. Difficile pour un meneur de rythme d’imposer sa patte sans continuité, sans séquences longues, et sans confiance clairement affichée par le staff. Chaque entrée devient alors un test plus qu’une opportunité, avec une pression immédiate sur l’efficacité.
Les déclarations d’Ataman, symptôme d’un malaise

Ergin Ataman n’a pas tardé à rendre son insatisfaction publique. Se dire “à 90 % insatisfait” d’un joueur en conférence de presse n’est jamais anodin, surtout dans un club où la pression médiatique est permanente.
Ce type de communication, assumée par le coach turc, s’inscrit dans une logique de management direct. Mais elle fragilise aussi un joueur en phase d’adaptation. Si une éclaircie apparaît à Kaunas, 15 points, 10 passes, victoire et discours apaisé, elle reste isolée. Quelques jours plus tard, Ataman remet la pression, rappelant que seuls les joueurs parfaitement intégrés au système auront leur place.
Un problème d’utilisation
Le 6 novembre 2025, Amara Sy, directeur sportif du Paris Basketball, apporte un éclairage différent sur la chaîne L’Équipe. Son analyse est sans ambiguïté. Pour lui, la difficulté de Shorts n’est pas liée à son niveau, mais à son rôle. “C’est de la faute du Panathinaïkos. Il est très, très mal utilisé.”
Selon Amara Sy, Shorts est cantonné à des tâches qui ne correspondent pas à son ADN, parfois réduit à attendre dans un coin alors qu’il est, selon ses mots, “le meilleur chef d’orchestre d’Europe”. Une critique qui rejoint celle de nombreux observateurs : le système actuel ne maximise pas ses qualités.
Un choc de cultures basket

À Paris, tout était pensé pour libérer Shorts : tempo élevé, liberté totale, ballon en main. À Athènes, le jeu est plus structuré, plus hiérarchisé, avec des rôles précis et peu de concessions individuelles. Ce décalage explique en grande partie les difficultés observées.
À la minute, son impact reste positif. Son plus/minus est loin d’être négatif, preuve que son apport existe. Mais son influence globale est diluée, car il n’a pas les leviers pour imposer son style.
Le Panathinaïkos savait pourtant ce qu’il recrutait. Shorts n’est ni un gestionnaire classique ni un simple scoreur. Son impact repose sur le volume de ballons touchés, la répétition des décisions et une forme de chaos contrôlé.
La question devient alors collective : faut-il adapter un système pour un joueur, ou demander au joueur de se fondre entièrement dans le cadre ? Le Panathinaïkos semble avoir choisi la seconde option.
Une situation encore ouverte ?
Sous contrat, T.J. Shorts n’est pas officiellement sur le départ. Mais son statut reste fragile. Trop talentueux pour être mis de côté durablement, trop atypique pour s’intégrer naturellement sans ajustement, il évolue dans une zone grise.
À court terme, l’enjeu est clair : soit l’équilibre se trouve, soit le malaise s’installe durablement. Dans une EuroLeague où le temps est compté et la patience rare, la situation de T.J. Shorts reste un cas d’école sur les limites entre talent individuel et rigidité collective.






