Auteur d’un excellent début de saison lorsqu’il est épargné par les blessures, Anthony Edwards confirme son statut de star montante de la NBA. Populaire, spectaculaire et doté d’une personnalité affirmée, l’arrière des Minnesota Timberwolves s’impose comme l’un des rares candidats crédibles pour devenir le nouveau visage américain d’une ligue en pleine transition.
Depuis sa draft en 2020, Anthony Edwards s’est progressivement imposé comme l’un des joueurs les plus populaires de la NBA. Adulé par les supporters des Minnesota Timberwolves, il a également conquis bien au-delà de sa franchise, touchant les fans de basketball dans leur ensemble, mais aussi ceux qui ne suivent la ligue américaine que de loin. Cette popularité s’explique en grande partie par son style de jeu spectaculaire, aussi efficace que plaisant à regarder, mêlant dunks puissants et tirs longue distance. Un cocktail idéal pour séduire le public.
Sa popularité est également due à sa personnalité affirmée, sur et en dehors des parquets. Sur le terrain, Anthony Edwards est un joueur clutch, décisif quand il le faut — récemment face aux San Antonio Spurs — qui n’hésite pas à demander le ballon dans les dernières secondes. Il trash-talk, assume naturellement le leadership de son équipe et revendique une véritable mamba mentality. Devant les médias, “Ant” ne se décompose pas : il ose dire ce qu’il pense et ne calcule pas son image.

Un manque de figure américaine
Anthony Edwards semble ainsi en voie de devenir le visage américain de la NBA, à une époque où les plus grandes stars étasuniennes vieillissent et où les meilleurs joueurs de la ligue ne sont plus nés aux États-Unis. Pour preuve, il faut remonter à 2018 pour voir James Harden, dernier Américain à avoir soulevé le trophée de MVP (Joel Embiid a obtenu la nationalité américaine, mais est Camerounais). La ligue traverse donc une véritable transition générationnelle.
Il devient alors plus compliqué pour Adam Silver de promouvoir, aux États-Unis, une ligue nationale sans figure américaine dominante. La NBA s’est progressivement désaméricanisée, malgré un besoin d’équilibre entre superstars mondiales et américaines. Cet équilibre apparaît aujourd’hui de plus en plus fragilisé. Les joueurs qui occupent le devant de la scène sont majoritairement européens, avec Nikola Jokić, Luka Dončić et Victor Wembanyama, sans oublier Shai Gilgeous-Alexander, qui est Canadien.
Le public américain, très patriote dans le sport, est pourtant habitué à avoir des figures nationales fortes dans les grandes ligues installées aux États-Unis : Patrick Mahomes ou Lamar Jackson en NFL, Auston Matthews en NHL, Aaron Judge ou Mike Trout en MLB. En NBA, ce repère s’efface peu à peu, renforçant le besoin d’un visage américain. Et Anthony Edwards semble aujourd’hui le plus à même d’endosser ce rôle.
D’autres alternatives crédibles ?
Mais peut-être que d’autres joueurs pourraient endosser ce rôle ?
Malgré son titre en 2024 avec les Boston Celtics, Jayson Tatum reste trop lisse et ne possède pas une personnalité suffisamment marquante pour incarner la ligue. C’est sensiblement la même chose pour Devin Booker, trop discret sur le plan médiatique. Ja Morant, de son côté, a perdu une grande partie de sa crédibilité après plusieurs affaires avec la justice, notamment lorsqu’il s’est affiché avec une arme à feu dans une voiture. Zion Williamson se blesse bien trop souvent et revient régulièrement avec des promesses qui peinent à se concrétiser sur la durée. Quant à Cooper Flagg, malgré un avenir qui s’annonce radieux, il demeure encore trop jeune pour prétendre au statut de vedette principale de la NBA.

Les limites d’Anthony Edwards
Anthony Edwards apparaît donc comme le joueur américain le plus à même de devenir le visage de la NBA. Toutefois, certaines limites pourraient freiner son accession à ce statut. Tout d’abord, “Ant” n’a encore décroché aucune bague NBA ni remporté de finale de conférence, malgré deux finales disputées en 2024 et 2025, en cinq saisons dans la ligue.
Par ailleurs, plus le corps d’Edwards vieillira, plus ses qualités athlétiques — pénétrations, vitesse, explosivité et détente — perdront en efficacité. Or, son jeu repose en grande partie sur ces atouts physiques.
Sa forte présence médiatique constitue également une arme à double tranchant : aujourd’hui un point fort, elle pourrait rapidement devenir une faiblesse si elle venait à prendre trop de place.
Enfin, Anthony Edwards a récemment déclaré qu’il envisagerait de se tourner vers le football américain s’il remporte un titre NBA dans les trois à quatre prochaines années. Une reconversion qui ferait de lui une figure majeure du sport américain, mais pas nécessairement celle de la ligue de basketball.
Enfin, Anthony Edwards a récemment déclaré qu’il envisagerait de se tourner vers le football américain s’il remporte un titre NBA dans les trois à quatre prochaines années. Une reconversion qui ferait de lui une figure majeure du sport américain, mais pas nécessairement celle de la ligue de basketball.





