SLUC NANCY. Crédit : Ici Lorraine

Début mitigé pour le SLUC Nancy mais l’espoir demeure

Entre coups d’éclat et passages à vide, le SLUC Nancy avance dans cette saison 2025-26 avec un objectif clair : exister dans une Betclic Élite plus dense que jamais.

Un départ laborieux, puis un souffle retrouvé

La première impression n’a pas été tendre. Balayés par l’ASVEL dès la première journée (115-71), les Nancéiens ont démarré leur saison avec le sentiment d’un mur de béton devant eux. Trop vite, trop fort, trop collectif — les Rhodaniens ont rappelé au SLUC Nancy l’exigence d’un championnat qui ne pardonne rien.

Mais Nancy n’a pas sombré dans le doute. Quelques semaines plus tard, la réaction est arrivée. À Gentilly, le SLUC Nancy a trouvé de la fierté et un souffle nouveau. La victoire contre Limoges (117-85) a d’abord servi d’électrochoc, celle face à Cholet (91-87) a confirmé une tendance : cette équipe a du répondant.

Sous la houlette d’un public toujours incandescent, les hommes de Sylvain Lautié ont montré une tout autre intensité. Plus agressifs, plus solidaires, plus disciplinés aussi. L’attaque, souvent inspirée, a retrouvé de la fluidité, notamment grâce à la montée en puissance de Landers Nolley, véritable moteur du jeu nancéien.

À domicile, le SLUC Nancy redevient ce qu’il doit être : un adversaire dangereux, capable de battre n’importe qui sur quarante minutes d’énergie.

SLUC NANCY. Crédit : sluc-basket.fr
Palais des Sports Jean Weille ou Gentilly pour les puristes. Crédit : sluc-basket.fr

Les vieux démons du voyage

Mais le mal reste connu : l’instabilité loin de Gentilly.

Les déplacements continuent d’exposer les fragilités du SLUC Nancy. Les revers à Gravelines et face à l’ASVEL ont révélé les mêmes failles : des trous d’air défensifs récurrents, des pertes de balle dans les moments charnières, et cette difficulté à maintenir la même intensité qu’à la maison.

Avec plus de 95 points encaissés en moyenne, le SLUC Nancy paie cher ses absences de concentration. Trop souvent, les efforts sont ponctuels : une bonne séquence défensive, puis une minute d’égarement qui suffit à relancer l’adversaire. La transition, elle, manque encore de cohérence — entre précipitation et manque de liant collectif.

Le contraste entre Gentilly et l’extérieur est saisissant : +28 de différentiel à domicile, mais –54 à l’extérieur après sept journées. Une double facette qui illustre parfaitement le paradoxe nancéien : du talent, de la générosité, mais encore trop peu de constance.

Ce n’est pas une surprise pour une équipe en reconstruction, encore en quête de repères et de hiérarchie stable. Le potentiel individuel est réel, l’énergie aussi, mais la maturité collective reste à bâtir. Et tant qu’elle ne sera pas trouvée, le SLUC Nancy restera suspendu entre promesses et frustrations.

Tout miser sur le collectif

C’est sans doute là que se joue le principal chantier du SLUC Nancy : trouver la bonne formule. Et sur ce point, Sylvain Lautié est clair — le salut passera par le collectif, pas par les individualités.

Depuis le début de saison, le SLUC Nancy alterne entre séquences très prometteuses et passages à vide frustrants. Par moments, le jeu s’enchaîne avec justesse : la balle circule, le rythme est bon, les intentions offensives sont cohérentes. Puis tout se dérègle : la défense se relâche, les possessions se hâtent, et la structure s’effrite.

Le groupe reste en construction. Certains découvrent la Betclic Élite, d’autres y reviennent avec de nouvelles ambitions, et tous cherchent encore à trouver la bonne connexion. Les repères collectifs se mettent en place, mais la constance fait encore défaut. L’équipe avance, sans être encore capable de maintenir le même niveau d’intensité et de rigueur sur la durée.

Le potentiel est évident. Les intentions sont justes, le travail visible. Il reste à transformer ces bons passages en une véritable identité de jeu. Nancy fonctionne encore par à-coups, parfois brillant, parfois brouillon. C’est le lot d’une équipe en transition — imparfaite, mais sur la bonne voie.

Landers Nolley, la confirmation d’un vrai patron

Comme mentionné dans notre preview, s’il fallait un symbole de cette progression, ce serait lui : Landers Nolley. Arrivé avec une réputation flatteuse, l’américain s’est imposé comme le leader offensif incontesté du SLUC Nancy.

Avec plus de 21 points de moyenne, il trône actuellement au sommet du classement des scoreurs de la Betclic Élite.
Mais réduire son influence à ses stats serait injuste. Nolley, c’est un métronome offensif et un repère émotionnel. Il incarne cette assurance tranquille que le club cherchait depuis des saisons.

SLUC NANCY Crédit : lnb.fr
Nolley, meilleur scoreur de Betclic Elite. Crédit : lnb.fr

Il n’est pas seulement un shooteur prolifique. C’est un joueur capable de dicter le tempo, d’imposer son rythme et de rassurer tout un collectif. Son arsenal offensif est complet que ce soit à l’extérieur, à mi-distance et surtout dans la raquette où il n’a pas son pareil pour aller provoquer les fautes… et toujours cette impression qu’il joue à son propre rythme.

“Il ne s’affole jamais”, confiait récemment un coéquipier. “Quand il a la balle, on sait qu’il va trouver une solution.”

Ce calme-là, combiné à une efficacité redoutable, a transformé l’attaque du SLUC Nancy. Ses coéquipiers apprennent à jouer autour de lui : à couper, à s’écarter, à lui offrir des espaces. Et cette synergie commence à porter ses fruits.

SLUC NANCY. Crédit : BeBasket.fr
Landers Nolley scoreur contre Cholet (24 pts). Crédit : BeBasket.fr

Surtout, Nolley inspire. Il donne à cette équipe une boussole offensive, un visage identifiable. Dans une saison où la constance fait défaut, il est la preuve que le projet nancéien tient debout, qu’il peut s’appuyer sur un vrai talent majeur pour grandir.

Un cap à tenir

Avec un bilan de 3 victoires pour 4 défaites, Nancy reste en embuscade. Le play-in n’a rien d’un rêve inaccessible.
Mais la suite dépendra de sa capacité à transformer l’envie en constance.

Les prochaines semaines seront décisives : un déplacement périlleux, un choc à Gentilly, puis une série contre des adversaires directs. Pour passer un cap, Nancy devra durcir sa défense, gagner la bataille du rebond, et surtout tenir mentalement à l’extérieur.

Le public, lui, ne demande qu’à s’enflammer. Et à Gentilly, l’alchimie entre l’équipe et ses supporters reste une force unique. Parce qu’ici, plus qu’ailleurs, on pardonne les erreurs tant que l’engagement est total. Et cette équipe, malgré ses défauts, ne triche pas.

Nancy avance, un peu cabossé, souvent surprenant, toujours sincère. Et s’il fallait résumer ce début de saison en une image, ce serait celle d’un groupe qui trébuche, se relève, et repart au combat avec un sourire en coin.
Pas encore une équipe taillée pour les sommets, mais déjà une formation respectée — et, surtout, attachante.

Les chiffres du SLUC Nancy après 7 journées

Statistique Valeur
Bilan 3 victoires – 4 défaites
Points marqués / encaissés (moyenne) 93,7 / 95,8
Différentiel à domicile +28
Différentiel à l’extérieur –54
Meilleur marqueur Landers Nolley – 21,3 pts/match
Autres contributeurs Phlandrous Fleming Jr – 13,71 pts

Mohammad Amini et Stéphane Gombaud ~ 9 pts

Classement actuel 10ᵉ sur 18

Conclusion

Le SLUC Nancy n’est pas encore une équipe accomplie, mais il avance dans la bonne direction. Ce début de saison, fait de hauts et de bas, aura permis de poser les bases : un leader offensif affirmé en Landers Nolley et un collectif qui commence à trouver ses repères.

Il reste des manques, bien sûr — une défense à stabiliser, une régularité à installer, et une capacité à gagner loin de Gentilly qui fera toute la différence sur la durée. Mais l’identité du club, elle, se redessine : de l’engagement, du cœur, et cette sincérité dans l’effort qui fait partie de son ADN.

Nancy ne joue pas encore pour les sommets, mais il rejoue enfin avec conviction. Et dans une Betclic Élite plus ouverte que jamais, cela suffit déjà à rallumer une flamme. Le chantier est en cours, mais la maison, elle, tient debout.

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