Au retour de la Seconde Guerre mondiale, les puissances baltes n’étaient plus indépendantes. Mais avant que l’Union Soviétique ne prenne le contrôle complet du basket européen, des nations en ont profité pour avoir leur unique moment de gloire en Europe.

EuroBasket 1946, un retour compliqué vers la normalité

L’édition 1941 du tournoi devait également se dérouler en Lituanie, qui avait conservé sa couronne en 1939, mais elle a été annulée en raison de la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la guerre, la Lituanie n’existait plus en tant qu’État indépendant. Il a donc été décidé de relancer la compétition dans un pays neutre, et c’est ainsi que la Suisse a de nouveau accueilli l’EuroBasket à Genève entre le 30 avril et le 4 mai. Cette fois-ci, les matchs de sont déroulés dans une arène spécifiquement faite pour le sport : le Pavillon des Sports du Bout-du-Monde.

Zlatý podrazPíše se rok 1946, hraje se první poválečné Mistrovství Evropy v Ženevě a Čechoslováci jdou postupně dál a dál...Docházejí až do finále, kde se utkávají s výbornými Italy. Nezbývá mnoho do konce a stav je vyrovnaný, naši hoši to dokázali dotáhnout. Teď zbývá jen jeden koš a můžeme slavit. Snaží se to strefit, ale míč se od obroučky odráží zpět do pole, ale najednou Mrázek dopichuje míč...34:32 VEDEME!! Končí to dobře, ČSR získalo svůj jediný titul v basketbalu. Dobojováno ovšem pro všechny hrdiny nebylo, například zamilovaný František to neměl vůbec jednoduché.Zlatý podraz:
25. 10. čtvrtek 20:00 2D Česká verze
26. 10. pátek 20:00 2D Česká verze
29. 10. pondělí 20:00 2D Česká verze
L’EuroBasket fait son retour dans sa ville natale en 1946. Crédit : FIBA

La compétition de 1946 avait de nouveau 10 équipes, et encore une fois cela a mené à un format unique. Cette année-là, l’EuroBasket consistait en un tour préliminaire, avec un groupe de quatre équipes et deux groupes de trois équipes. Chaque équipe jouait une fois contre les autres équipes de son groupe.

La première équipe de chaque groupe de trois et les deux premières équipes du groupe de quatre jouaient en demi-finale pour les quatre premiers rangs ; les équipes du milieu des deux groupes de trois accèdent directement au tour final pour un match de barrage pour les 5e/6e rangs ; la dernière équipe de chaque groupe de trois et les deux dernières équipes du groupe de quatre jouaient en demi-finale pour les 7e-10e rangs.

Avec le retrait de la Lettonie et de la Lituanie, la Pologne et la France qui ont fini 3e et 4e respectivement en 1939, ont leurs cartes à jouer pour remporter le titre pour la première fois de leur histoire. Cependant, elles ne sont pas les seules nations à avoir de l’ambition.

Le retour de la Tchécoslovaquie

Après avoir fini 3e de l’EuroBasket 1935, la Tchécoslovaquie n’est pas parvenue à continuer son bon élan et rester compétitive sur la scène continentale. Mais le tournoi de 1946 a vu la nation d’Europe Centrale remporter la compétition pour la seule et unique fois de son histoire.

Pourtant, le début ne fut pas évident. Placée dans le groupe C avec la Suisse et la Belgique, la Tchécoslovaquie a remporté ses deux matchs dans la douleur avec des scores de 20-17 et 33-38 respectivement. Leur premier match a vu Ladislav Simácek se blesser à la cheville, le forçant à déclarer forfait pour le reste de la compétition. Le deuxième match a vu la Belgique mener 12-9 et revenir d’un retard de 7 points pour être à égalité à la mi-temps.

Mais dans le duel entre les deux meilleurs joueurs du tournoi, Josef Křepela et le futur MVP de l’EuroBasket, le Hongrois Ferenc Németh, c’est bien Josef et son équipe qui s’imposent 42-28 et se dirigent vers sa première finale. Après avoir pris une avance de 25-5, les Tchécoslovaques n’ont plus été inquiétés par la suite.

Face à eux l’Italie, alors invaincue dans le tournoi, qui après 2 parcours décevants et 1 finale, compte enfin remporter l’EuroBasket. La finale fut très difficile. L’Italie a enchaîné les paniers en première mi-temps pour avoir une avance de 5-15, et même après une réaction adverse, menait 18-21 à la mi-temps et était proche du sacre.

Jediný tým československých mistrů Evropy v basketbalových dějinách (Ženeva 1946): s čísly zprava Josef Ezr (13), autor 10 bodů ve finále Emil Velenský (16), Ivan Mrázek (17), střelec 13 bodů ve finále Josef Křepela (10), Miloš Bobocký (4), Jiří Drvota (3), Jan Hluchý (8), Pavel Nerad (14). V týmu kouče Hájka dále byli Ladislav Trpkoš, Josef Toms, Miroslav Vondráček, Ladislav Šimáček, Gustav Herrmann a František Štibitz
Un moment historique pour la Tchécoslovaquie. Crédit : FIBA

Mais la Tchécoslovaquie est remontée au score avec Ivo Mrázek menant les troupes, et grâce au panier d’Ivo, âgé de 20 ans, à quelques secondes de la fin, a remporté le match. Victoire 34-32 pour la Tchécoslovaquie qui marque un retour en force dans la compétition. En récompense ? Une coupe gratuite chez un barbier à Genève. Un très beau parcours pour une équipe qui s’était retrouvée 8 jours avant la compétition. Les Français, eux, étaient en camp d’entraînement depuis un mois et les Italiens depuis six semaines avant l’EuroBasket 1946.

La première grande équipe hongroise

La Hongrie, quant à elle, a dû se contenter de la troisième place en battant la France lors de la petite finale sur le score de 38-32. Cela resta une conclusion heureuse pour István Király et ses joueurs qui représentaient une nation qui, jusqu’alors, n’avait jamais gagné plus d’un 1 match dans une édition de l’EuroBasket.

Et ce n’était pas un destin évident. Placé dans le groupe A, la Hongrie a d’abord perdu contre l’Italie 39-31, avant d’écraser le Luxembourg 10-48 et la Pologne pour terminer 2e du Groupe A et atteindre les demi-finales. Avec le pivot Ferenc, aussi connu sous le nom de François, Németh, les Hongrois possèdent un excellent joueur. Lui qui sera nommé parmi les 50 plus grands joueurs de la FIBA en 1991, il fera par la suite carrière en France et en Argentine.

La chute polonaise

L’une des meilleures équipes d’avant-guerre, le retour fut très dur pour la Pologne, qui est passée de 3e en 1939 à 9e en 1946. Pourtant, l’équipe contenait toujours des noms importants de leur équipe des années 30, y compris le meilleur marqueur de cet EuroBasket, Paweł Stok avec 12,4 points par match.

De plus, les Polonais avaient bien commencés avec une victoire 45-28 sur le Luxembourg avant de s’effondrer. Une défaite 25-40 face à l’Italie et une face à la Pologne les classent 3e du groupe A. Ils sont renversés dans la phase de classification où ils perdront 22-39 face à la Belgique avant d’enfin battre l’Angleterre 22-50 pour ne pas finir dernier. Ayant perdu leur momentum d’avant-guerre, il est difficile de voir la Pologne rebondir dans les années à venir pour redevenir une des meilleures équipes d’Europe, surtout avec l’émergence d’autres pays.

EuroBasket 1947, toujours plus de groupes

1 an après le triomphe à Genève, la Tchécoslovaquie accueille la 5e édition de l’EuroBasket à Prague entre le 27 avril et le 3 mai à la Salle de sport Sokol Královské Vinohrady, alors que la compétition retournait à son rythme de faire des éditions les années impaires.

La compétition de 1947 consistait en un tour préliminaire, avec deux groupes de quatre équipes et deux groupes de trois équipes. Chaque équipe jouait une fois contre les autres équipes de son groupe. Les deux premières équipes de chaque groupe se qualifiaient pour le tour suivant. Celui-ci consistait en deux groupes de 4 équipes. Ils étaient constitué des deux premiers de chaque groupe du tour précédent. Les deux vainqueurs de ces groupes se retrouvaient en finale, les deuxièmes pour les places 3 et 4 et ce jusqu’à la huitième place. Les équipes restantes jouaient dans les groupes à trois équipes pour les places 9 à 14.

Chaque équipe a de nouveau joué une fois contre chacune des autres équipes de son groupe. L’équipe la moins bien classée de chaque groupe de trois équipes a joué contre son homologue pour les 13e et 14e places. De même, les équipes intermédiaires de ces groupes se sont affrontées pour les 11e et 12e places et les équipes supérieures pour les 9e et 10e places. Les huit premières places ont été déterminées de la même manière, les équipes de tête s’affrontant pour l’or et l’argent, les équipes de deuxième place de chaque groupe jouant pour le bronze et la 4e place, et ainsi de suite.

Championne en titre et jouant à domicile, la Tchécoslovaquie fait partie des favoris, tandis que l’Italie et la Hongrie sont également attendues à Prague. Mais une nouvelle équipe fait son apparition et possède une équipe très forte : l’Union Soviétique.

Le premier sacre soviétique

Possédant, en plus des talents russes, des joueurs représentants les nations baltes qui ont dominé les années 30, l’URSS a fait très forte impression lors de son premier tournoi international. Placée dans le groupe B, l’URSS a envoyé un message fort à ses concurrents. Une victoire 50-11 face à la Yougoslavie, puis 62-33 sur la Hongrie, qui venait de finir 3e à l’édition précédente.

L'équipe d'URSS – Championne d'Europe de 1947 (de gauche à droite) : Konev, Korkia, Kullam, Dzhordzhikiya, Tarasov, Butautas, Kulakauskas, Ushakov, Kolpakov, Lagunavichus, Petkevichus, Moiseyev, Lysov, Alekseyev
La première grande équipe soviétique. Crédit : FIBA

La domination a continué lors de la deuxième phase de groupe. L’URSS est sortie victorieuse 55-24 contre la Bulgarie, 46-32 contre l’Égypte, et enfin 18-36 contre la Pologne. L’Union Soviétique se qualifie pour la finale où elle rencontre les hôtes de la compétition, la Tchécoslovaquie.

Dans ce duel tant attendu, les tenants du titre n’ont pas pu résister face à la nouvelle puissance européenne. Emmenée par le MVP du tournoi, l’Estonien Joann Lõssov, l’Union Soviétique remporte la finale 56-37, et remporte l’EuroBasket 1947, leur premier sacre, mais très loin d’être le dernier.

La composition de l’équipe soviétique de basket-ball était particulièrement variée, intégrant des joueurs de différentes républiques soviétiques. Cette diversité a contribué à la formidable performance de l’équipe dans le tournoi. Par un arrêté pris deux semaines après la fin des Championnats d’Europe, Evgeny Alekseev, Vasili Kolpakov, Lõssov et l’entraîneur Pavel Tsetlin, se sont vus décerner les titres de Maîtres d’honneur du sport.

La montée égyptienne

Après une dernière place en 1937 et une absence en 1939, les attentes autour de l’équipe égyptienne étaient limitées lors de cette édition en 1947. Pourtant, la nation africaine a réussi à terminer sur le podium de l’EuroBasket cette année-là. Dans les années 1940, l’équipe nationale masculine de basket-ball était beaucoup plus diversifiée que l’équipe de football. En 1947, quatre joueurs étaient juifs, un copte (Albert Tadros) et un catholique d’origine italienne (Gabi Catafago).

Olympedia – Armand Catafago
Gabi Catafogo, symbole d’une nation multiculturelle. Crédit : Getty Images

La fluidité des identités nationales à l’époque est illustrée par le cas de Gabi Catafago. Il possédait la nationalité italienne et avait été invité à jouer pour l’équipe nationale libanaise, mais avant le tournoi, il a obtenu la nationalité égyptienne et a joué pour cette dernière.

C’est un parcours qui avait commencé en force avec 3 victoires en 3 matchs. Pourtant, le premier match face à l’équipe belge avait mal débuté, car les Lions belges menaient au score 13-12 à la mi-temps. Mais l’Égypte a retourné la situation pour gagner cette rencontre 35-46. S’en sont suivis des succès 43-38 face à l’Italie et enfin, un 19-106 écrasant face à l’Albanie. Invaincue au premier tour, l’Égypte termine première du groupe D et est placée dans le groupe 2.

Après avoir vaincu la Pologne 28-52, l’Égypte doit subir le même sort que les autres équipes cette année face à l’Union Soviétique. Mais, après une victoire 51-38 sur la Bulgarie, l’équipe se qualifie pour la petite finale. Devant les Egyptiens se trouve une équipe contre laquelle ils sont familiers : la Belgique.

Si leur premier affrontement était relativement plus simple, celui-ci verra les deux équipes n’ếtre séparées que d’un panier. Encore une fois, la Belgique était devant à la mi-temps, menant 19-20. Mais cette fois encore, l’Égypte se redresse en deuxième mi-temps pour obtenir une victoire 50-48, et une médaille de bronze méritée pour cette équipe pratiquant un jeu offensif et très efficace pour l’époque.

Les années 1940 ont été l’apogée du basket-ball juif en Égypte. Le succès des Juifs dans le basket-ball et la prospérité du basket-ball égyptien surviennent à une époque où la population juive d’Egypte s’inquiète de plus en plus pour sa place en Égypte et pour sa sécurité personnelle. Cela a également coïncidé avec une demande politique nationaliste croissante visant à « égyptianiser le sport ».

Zouzi Harari, la star de 21 ans du Maccabi du Caire, était le leader incontesté de l’équipe égyptienne lors de l’EuroBasket 1947 à Prague. Le magazine L’Équipe l’a sélectionné parmi les dix meilleurs joueurs du tournoi le 5 mai 1947. Pourtant, lui et d’autres noms juifs seront exclus pour des raisons politiques des prochains grands tournois internationaux. Comment l’Égypte pouvait-elle s’appuyer sur cette première médaille pour aller de l’avant dans ce climat politiquement tendu ?

Rechute pour l’Italie

Mauvais tournoi, finale, mauvais tournoi, finale, tel était le cycle italien quand il s’agissait de l’EuroBasket à l’époque. Après une finale lors de l’édition précédente, on retourne dans un tournoi raté pour les Azzurri. Cet échec peut s’expliquer en partie par l’absence de noms importants de l’équipe de 1946 comme Giancarlo Marinelli et Venzo Vannini qui étaient dans l’équipe du tournoi l’année précédente.

Pourtant, on aurait pu s’attendre à mieux qu’une élimination au premier tour pour les finalistes en titre. L’EuroBasket avait commencé par une victoire sur la pire équipe du tournoi, 60-15 face à l’Albanie grâce à une deuxième mi-temps excellente. Continuant sur cette vague, l’Italie menait 19-20 face à l’Égypte à la mi-temps, avant de s’écrouler en deuxième période.

Cela a mené à un match clé face à la Belgique. Hélas les Italiens ne furent pas à la hauteur et ont perdirent 21-34 pour finir 3e du groupe. Finalement, l’Italie terminera 9e après avoir terminé premier du groupe 4, puis avoir battu la Roumanie lors de sa dernière rencontre. Est-ce que les Italiens pourront se relever une nouvelle fois pour aller en finale en 1949 ?

EuroBasket 1949, un tournoi difficile à préparer

EuroBasket 1949 Final: Egypt takes advantage of the strangeness of being local in a European
L’EuroBasket 1949 fut un tournoi unique dans l’histoire de la compétition. Crédit : FIBA

2 ans après le triomphe soviétique à Prague, l’EuroBasket 1949 s’est déroulé entre le 15 et 22 mai… en Égypte. L’Union soviétique avait refusé d’accueillir le tournoi comme elle en avait l’obligation en tant que championne en titre selon les règles de la FIBA Europe. La Tchécoslovaquie, médaillée d’argent à l’EuroBasket 1947, avait été l’hôte cette année-là et n’a donc pas été invitée à reprendre l’organisation, qui a été confiée à l’Égypte, médaillée de bronze.

L’événement s’est déroulé au Caire, et de nombreuses nations ont invoqué les difficultés de déplacement pour justifier leur absence. Il faut se rappeler qu’en 1949, la tragédie de Superga qui avait tué la grande équipe du Torino FC avait eu lieu quelques jours auparavant. La peur entourant les longs trajets était à son maximum. Seules quatre des sept équipes en lice étaient européennes. Les équipes participantes étaient : l’Égypte, la France, la Grèce, le Liban, les Pays-Bas, la Syrie et la Turquie.

Parmi ces équipes, deux se sont démarquées en tant que favorites : l’Égypte, pays hôte et troisième du dernier EuroBasket en 1947, et la France, médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de 1948. La compétition de 1949 s’est déroulée selon le même format que l’EuroBasket 1939. Chaque équipe jouait une fois contre chacune des autres équipes. Une victoire valait 2 points de classement, une défaite 1. Le classement était basé sur ces points de classement.

Le basketball se jouait en plein air, sous les étoiles, à Héliopolis, une banlieue résidentielle du Caire. Le stade pouvait accueillir entre 5’000 et 6’000 spectateurs. Il était éclairé par 12 projecteurs puissants et il y avait trois matchs chaque soir. Le terrain était situé en bordure du désert. Il faisait sec et chaud, des conditions idéales pour les locaux, car les Européens n’y étaient pas habitués.

Un titre égyptien oublié

Malgré une situation politique compliquée, et un tournoi olympique catastrophique l’année précédente, l’Égypte a rebondi et a remporté une nouvelle médaille à l’EuroBasket. Après le bronze de 1947, c’est cette fois-ci une médaille d’or en 1949, devant son public.

Pourtant, parmi tous les champions dans l’histoire de la compétition, l’histoire de l’Égypte n’est pas restée dans les mémoires. Si cela est en partie dû au fait que le pays ne participe plus à l’EuroBasket depuis la création de l’AfroBasket dans les années 60, cela est également dû à la crédibilité même du titre.

Avec seulement 7 équipes et l’absence de la plupart des grands d’Europe, notamment l’URSS et la Tchécoslovaquie, finalistes de l’édition précédente, il est difficile de placer le triomphe égyptien au même niveau que ses prédécesseurs et ses successeurs.

A time when Egypt was on top of European basketball | FIBA Basketball
L’équipe égyptienne aurait pu être encore meilleure. Crédit : FIBA

Malgré cela, ils restent dans l’histoire en tant que champions d’Europe, même si cela n’était pas gagné. Quelques heures seulement avant la cérémonie d’ouverture, Nello Paratore, l’entraîneur Egypto-italien, frappe à la porte de la chambre d’hôtel de l’un des joueurs juifs, Eliahu Amiel, et l’informe que le roi Farouk a opposé son veto à sa participation, ainsi qu’à celle de Zouzi Harrai, à moins qu’ils ne se convertissent à l’islam.

Amiel et Harrari se réunissent pour discuter des nouvelles circonstances et décident de rejeter l’offre. Il convient également de noter que les deux joueurs chrétiens de l’équipe nationale n’ont pas été invités à se convertir, de sorte que l’incident ne constitue pas une tentative globale d’islamisation de l’équipe.

Profitant de l’absence des grandes équipes de l’époque, l’Égypte fut invaincue à travers la compétition, avec que des victoires de plus 10 points, dont un 71-44 contre la Syrie pour débuter le tournoi. Ahmed Hassan, le capitaine de l’équipe, a guidé ses joueurs jusqu’au titre avec l’aide d’Abdel Rahman Hafez Ismail, le meilleur marqueur de l’équipe avec 14 points par match.

C’est la première fois que le pays remporte un titre continental majeur dans un sport d’équipe mondialisé, et plus encore en s’imposant face aux hommes européens. La victoire face à la France coloniale, 36-57, lors du dernier match pour déterminer qui allait terminer premier avait suscité un élan de fierté nationale.

Pendant un court moment, il a semblé que, contre toute attente, le basketball avait une chance de devenir une culture sportive nationale en Égypte. Hélas, les clubs de basketball à base ethnique n’ont pas pu survivre aux bouleversements géopolitiques. Les équipes grecques, italiennes et juives ont disparu à la suite de l’exode de leurs communautés respectives dans les années 1950 et 1960.

La première médaille grecque

La Grèce devait participer à l’EuroBasket 1935, le premier championnat d’Europe de la FIBA organisé à Genève, mais n’a pas pu se rendre en Suisse en raison de problèmes financiers. La Grèce a donc fait ses débuts internationaux quatorze ans plus tard, lors de l’EuroBasket 1949 au Caire.

EuroBasket 1949 : le tournoi « Pharaon »
Une équipe grecque disciplinée tactiquement. Crédit : FIBA

Pour ses débuts, la Grèce pouvait difficilement faire mieux. Alternant défense de zone et homme à homme en suivant la tactique de Georgios Karatzopoulos, l’équipe termine 3e, et était même très proche de vaincre la France avant de s’incliner 41-36.

Parallèlement, il a veillé à ce que l’entraîneur de l’équipe nationale d’athlétisme, le légendaire Otto Simicek, travaille avec les basketteurs. Pendant six mois, nous nous sommes entraînés six jours par semaine !” a expliqué Nikos Skylakakis, meneur de jeu à l’époque, en 2022.

“Les séances d’entraînement se déroulaient en plein air et quand il pleuvait, nous allions dans la seule installation intérieure, le petit terrain d’Aiolou, près de l’hôtel de ville. La moitié d’entre eux ont travaillé sur la défense de zone et l’autre moitié sur la défense homme à homme ! C’est comme ça que les choses se passaient à l’époque. Nous nous étions très bien préparés et nous allions remporter la médaille d’or.”

La plus grande victoire pour la Grèce fut contre la Turquie du MVP et meilleur marqueur du tournoi Hüseyin Öztürk, 54-41, qui fut décisif pour permettre à la sélection hellénique de remporter sa première médaille. Faidon Matthaiou, le patriarche du basket grec, était le meilleur marqueur de son équipe durant la compétition, et le visage d’une belle génération. Mais pourra-t-elle continuer cet élan lorsque les grands absents seront de retour ?

Une occasion en or ratée pour la France

Si la France allait remporter son premier sacre, 1949 semblait être la meilleure opportunité après un tournoi olympique exceptionnel l’année précédente. Les Bleus, toujours avec Robert Busnel en tant qu’entraîneur, étaient armés pour réussir. Avec Fernand Guillou comme meilleur marqueur, accompagné par Jean-Pierre Salignon, Jean Swidzinski et Jacques Favory, la France a remporté tous ses matchs jusqu’au dernier face aux hôtes, où la chaleur a déstabilisé les Bleus qui se sont inclinés.

Eurobasket 1949 : Et L'Egypte fut championne d'Europe ! | Basket Retro
Cette période a vu la première grande ère du basket français. Crédit : Basket Retro

Est-ce que ce résultat aurait été le même dans une arène traditionnelle ? On ne le saura jamais. Cela dit, l’élan depuis 1947 reste excellent pour les Bleus. Ils ont glané une 4e place à Prague, une 2e place à Londres puis au Caire. La France reste une des meilleures nations d’Europe, et aura d’autres opportunités de remporter des médailles.

Mais avec le retour des grandes nations européennes durant les années 50, cette décennie verra la naissance d’une période de domination sans précédent dans l’histoire de l’EuroBasket. Est-ce que des équipes sauront être à la hauteur contre une nouvelle superpuissance ?